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Derrière l'Image22 octobre 20266 min de lecture

Douce revanche !

« On ne rend pas grâce à l'oiseau qu'on met en cage, on le dénature », avait dit Erika (dans Le Tournant).

Photographie d'Elda Robinet-Stainier alias ElleDi

Elda Robinet-Stainier

Photographe & Autrice

Douce revanche !

Mural représentant deux femmes du Choco en Colombie

Intro

« On ne rend pas grâce à l'oiseau qu'on met en cage, on le dénature », avait dit Erika (dans Le Tournant). Je fais partie de ceux qui partagent cet avis. Surtout dans un pays aussi beau que la Colombie — au premier rang du classement mondial pour la diversité des oiseaux, avec ses 1 900 espèces dont plus de 80 endémiques. Un pays où l'oiseau est omniprésent. Dans les airs, sur les murs... ou dans les bouches. Un pays qui m'avait presque fait oublier qu'on pouvait leur couper les ailes.

Photographie Urbaine — Aves de Cali 1  par ElleDi (2019)

Mural représentant deux oiseaux dont un bleu en gros plan, dans une rue de Cali

Photographie par ElleDi

Photographie Urbaine — Aves de Cali 2 par ElleDi (2019)

Mural représentant deux têtes d'oiseaux se faisant face dans une rue de Cali

Photographie par ElleDi

Photographie Urbaine — Aves de Cali 3 par ElleDi (2019)

Mural représentant deux oiseaux dos à dos – dans une rue de Cali – dont le plus gros surplombe la rue

Photographie par ElleDi

Photographie Urbaine — Ave de Popayan par ElleDi (2019)

Mural représentant un oiseau, dans une rue de Popayán

Photographie par ElleDi

L’oiseau en cage

Un jour, en rentrant du centre historique de Cartagène, alors que je traversais Getsemaní, le chant d'un oiseau m'interpella de derrière les barreaux de la fenêtre d'une épicerie de quartier. J'y prêtai attention et m'arrêtai un instant, choquée d'y découvrir un Canario Costeño — communément appelé « canari » en raison de son plumage jaune éclatant et de son chant mélodieux, bien qu'il soit en réalité un passereau de la famille des Thraupidae — enfermé dans une cage suspendue près de l'entrée. Une espèce protégée qu'il est, par ailleurs, formellement interdit de mettre en cage.

« ¡Qué pena ! », me dis-je, attristée.

L’homme en cage

Alors quand, deux semaines plus tard, le hasard me fit passer devant ce magnifique ara — au moment où le propriétaire des lieux se tenait derrière cette porte grillagée —, l'image me séduisit et me fit sourire.

Photographie Urbaine — La Cage par ElleDi (2020)

L'homme dans sa cage dorée. Retour de bâton?

Photographie par ElleDi

« Douce revanche ! », pensai-je aussitôt.

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